Bonjour! Sur ce blog vous trouverez des textes reflétant ma vision de la vie, mes réflexions sur des sujets divers et variés ainsi que mes opinions politiques et ma façon de voir la politique.

10 décembre 2008

L’Europe est une nécessité mais plus un rêve

Bien, il y aura des élections européennes en 2009. On peut presque parier qu’à coup sûr la participation ne sera pas très élevée… et que tout le monde le déplorera avant de passer à autre chose. Car l’Europe n’intéresse plus beaucoup les citoyens, non pas parce qu’elle n’est pas présente ou parce qu’elle n’est pas considérée comme une nécessité (bonne ou mauvaise) mais parce qu’elle ne fait plus rêver depuis très longtemps. Et l’on peut aussi parier que le rêve européen n’est pas prêt de revenir. En fait, ce rêve est mort lorsque les politiques l’ont enterré sans cérémonial lorsqu’ils se sont rendus compte qu’il ne pourrait jamais y avoir une vraie Europe politique parce que personne n’en voulait vraiment et que la seule Europe possible était une Europe de la paix, technocratique et tournée vers les échanges économiques. Ce n’est pas rien mais cela ne peut plus être plus que cela. Et les déclarations triomphales de Nicolas Sarkozy sur le retour de l’Europe à l’occasion de la crise économique et financière mondiale et des mesures « prises en commun » n’aura trompé personne puisque dès qu’elles furent faites les « partenaires européens » de la France s’empressèrent de prendre, chacun de leur côté, des mesures nationales sans guère se soucier d’une quelconque « unité européenne » !

Evidemment, cette Europe n’a guère d’avenir en tant que puissance mondiale. Mais qui veut que l’Europe soit une puissance mondiale ? La France ? sans doute ; la Grande Bretagne ? peut-être ; l’Allemagne ? sans doute pas comme l’Italie et l’Espagne. Quant au Danemark, à la Suède, à l’Irlande, à la Finlande, à la Pologne ou à la République Tchèque, surtout pas. Les peuples européens dans leur majorité souhaitent vivre dans le cocon d’une démocratie sociale où règne la paix avec compassion pour le malheur du monde mais pas en allant y fourrer son nez de trop près. D’ailleurs, les fameuses controverses sur le « modèle social européen » ont montré qu’à défaut d’un système unitaire dans ce domaine, il y avait néanmoins une vision commune (sauf peut-être en Grande Bretagne et encore) sur la conception du travail, celle des loisirs et celle de la couverture sociale. De même, l’Europe est devenue avant tout un espace de paix depuis la crainte réelle des politiques, lors des conflits dans les Balkans, que la guerre ne revienne sur un continent déjà si durement éprouvé et toujours pour des questions des minorités nationales comme détonateur (la forte communauté hongroise de Roumanie par exemple). C’est l’unique raison pour laquelle on s’est empressé de faire adhérer des pays comme la Slovénie, la Hongrie, la République Tchèque, la Slovaquie, la Roumanie et la Bulgarie comme l’ont reconnu les politiques au pouvoir à l’époque et que l’on veut incorporer au plus vite la Croatie, la Bosnie et la Serbie, sans oublier la Macédoine, l’Albanie et le Monténégro. Car l’incapacité de l’Union européenne à régler les conflits balkaniques dans les années 1990 ont montré qu’elle n’était, à ce niveau-là, qu’un tigre de papier et que seule l’intervention de l’ami américain empêcha le conflit de l’ex-Yougoslavie de se propager à toute la région et de dégénérer en guerre européenne (rappelons que, entre autres, la France soutenait le Serbie et l’Allemagne, la Croatie).

Donc l’Europe ne fait plus rêver mais nous ne pourrions nous en passer économiquement et pacifiquement parlant. Reste que deux dangers guettent cette « petite » Europe à moyen-long terme. D’une part, un lent délitement qui pourrait remettre en cause, dans quelques décennies, son existence ce qui serait certainement désastreux. D’autre part, une sorte de « syndrome munichois » où la paix et la prospérité à tout prix pourrait avoir comme conséquence, dans un monde où il faut toujours lutter pour préserver ses acquis quels qu’ils soient, de n’avoir ni l’une, ni l’autre. Et faudrait-il alors 50 millions de morts de plus pour que le rêve revienne ? La leçon de l’Histoire, ici, ne permet pas de répondre avec confiance par la négative…

01 décembre 2008

L’hypocrisie du sport de compétition « propre »

Il faudrait, soi-disant, interdire le dopage pour que le sport de compétition demeure « propre », qu’il continue à porter les « valeurs » de l’effort et du dépassement de soi pour la beauté du geste, qu’il soit ce « bel exemple pour la jeunesse », qu’il reste cette sorte d’oasis de pureté dans un monde pourri. Entendons-nous bien. En tant que personne ayant pratiqué le sport toute sa vie et participé à de nombreuses compétitions, je ne me suis jamais dopé et je n’en ai jamais eu ni l’envie ni l’intention. Mais qu’est-ce que cela peut bien signifier un sport de compétition « propre » alors même que la société mais aussi le milieu sportif glorifient la performance avant l’effort lui-même, où le premier est admiré, devenant un héros national, et le dernier fustigé quelles que soient leurs valeurs humaines respectives, où le nationalisme et l’esprit de clocher sont valorisés alors qu’ils montrent ici leurs aspects les plus repoussants, où l’argent plus que l’humain est l’étalon valeur, où la réussite se prouve par le nombre de zéros de son compte en banque ? Et puis, qu’est-ce qui est fondamentalement condamnable dans le dopage ? Certainement pas le fait d’améliorer les performances d’un athlète. Car, dès lors, il faudrait interdire toute technique d’entrainement spécifique ou intensif, tout régime alimentaire censé améliorer la performance, toute préparation mentale (et dans certains cas toute amélioration technique des matériels utilisés : mettez le champion du monde de formule un dans la plus mauvaise voiture et il arrivera dernier, mettez le dernier dans la meilleure voiture et il sera champion du monde). De même, depuis que le sport existe, l’hygiène, les médicaments, les techniques médicales, les découvertes en matière de nutrition, entre autres, ont permis d’obtenir des êtres humains plus résistants à leur naissance puis plus performants grâce au développement de leurs aptitudes physiques dans un environnement plus sain et plus sécurisé. Dit-on que c’est du dopage ? ! Sans oublier que si l’on pousse à l’extrême les arguments des ennemis du dopage, on est bien proche de ceux qui prônent une sélection naturelle, de celle qui permet aux « meilleurs » de gagner la compétition de la vie. Les défenseurs d’un sport d’élite ont d’ailleurs souvent été des sympathisants d’idéologies politiques du même acabit. Pierre de Coubertin « fondateur » des Jeux olympiques modernes - ayant été, malgré les réfutations de ses admirateurs, un raciste admirant « intensément », selon ses propres termes, Hitler – ne déclarait-il pas « Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. Hé bien ! C'est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n'est appréciable qu'aux forts. ». Et pour ceux qui n’auraient pas compris, en voici une autre : « La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. Sans naturellement s'abaisser à l'esclavage ou même à une forme adoucie du servage, la race supérieure a parfaitement raison de refuser à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée. » Faibles et couleurs de peau basanées, passez votre chemin !

Combien d’entre nous pourraient vivre si nous ne nous dopions pas en prenant des médicaments qui nous maintiennent en vie ? Il n’y a pas si longtemps, beaucoup de maladies chroniques tuaient des millions de gens. Grâce à des traitements quotidiens, ces personnes qui auraient été victimes de cette sélection naturelle, ces soi-disant « losers » de la vie, peuvent dorénavant vivre une existence longue et enrichissante. Est-ce condamnable ? A part ceux qui développent des thèses extrémistes et ceux qui estiment que cela ferait faire des économies à nos systèmes de santé, peu se risquent à professer ouvertement que tous les « faibles » soient laissés à leur sort. Et lorsque nous prenons des médicaments ou des substances nous permettant d’être plus efficaces ou plus résistants intellectuellement, personne n’y trouve quelque chose de répréhensible.

Donc, la science moderne permet d’améliorer les performances de l’être humain. Rien à dire. Sauf lorsqu’il ne s’agit plus d’améliorer ces dites performances mais de créer un nouvel être humain ou de sélectionner les individus. Là, la science se fourvoie. Mais elle l’a fait tellement de fois… Et il y a tellement de gens qui veulent en profiter, rêvant, par exemple, de vivre éternellement ou de garder éternellement leur jeunesse… Le seul problème du dopage dans le sport de compétition – au-delà du fait qu’aujourd’hui certains se dopent et d’autres pas ce qui avantage les premiers - est dans le risque qu’il fait courir à celui qui se dope. Si un athlète prend ce risque en toute connaissance de cause, il n’y a rien à redire à sa décision tant qu’elle ne met pas en danger la santé des autres. S’il se dope en ignorant les risques qu’il encourt, alors, le dopage doit être condamné et les personnes qui ont permis ce dopage doivent être sanctionnées mais uniquement parce qu’elles ont mis en danger la santé de cet athlète.

La lutte contre le dopage dans le sport de compétition est une nouvelle hypocrisie de notre société qui incite à se doper pour être meilleur, voire « le » meilleur, mais qui adopte une morale « propre » afin de se présenter sous les traits d’une justicière et d’un défenseur d’un humanisme dont elle aurait bien du mal à définir les contours et le contenu… Attaquons-nous donc aux problèmes plus sérieux comme certaines manipulations biologiques et génétiques qui risquent de menacer l’espèce humaine dans son essence avant de nous indigner devant le dopage. Et, quant au dopage, pour le supprimer, supprimons cette compétition sportive où seul le vainqueur, seul le « super-athlète » est valorisé comme un héros des temps modernes, où même le deuxième n’est qu’un « loser »... Car le sport « propre », c’est celui où le vainqueur et le vaincu, la gagnant et le perdant, le premier et le dernier sont autant valorisés pour l’effort qu’ils ont accompli et qui sont autant récompensés pour celui-ci. Le sport est l’école de la vie entend-on souvent. En voyant ce qu’il est devenu et ce qu’il risque de devenir, on a de quoi être inquiet pour nos valeurs humanistes et guère surpris de la violence et de la corruption qui le gangrènent de plus en plus. Bonne chance aux éducateurs que Pierre de Coubertin, encore lui, ne portait manifestement pas dans son cœur et qui traitait Paschal Grousset, le champion de l'éducation physique pour tous, d'homme « que je méprise et avec lequel je ne veux point avoir de rapports ».